Dé pat a ter !

Mi ve

Mi ve roul a pat

San savat, san koméraz

Kit mon pié respiré, souflé, inspiré

Pa pou revandiké, pa le pwin levé

Pa pou fé promès, pa pou fé kozé

Pa a pa

Gaign la zel

Zist aprésié

Zoumine ek la ter

La sab ek galé

Lankostik ek béton

Su lasfalte

Dan la pousièr 

Mon dé pat a ter

 

Mi ve

Mi ve manj ek la min

San pel, san koméraz

Kit mon min respiré, souflé, inspiré

Riskab revandiké, riskab le pwin levé

Riskab pou fé promès, riskab pou fé kozé

Min a min

Gaign la zel

Zist aprésié

Ri ek maï

Grin ek kari

Bouyion ek larson

Su fèy fig

Dan bol

Mon dé min san kouver

 

Mi ve

Mi ve revandiké ek le pwin ek le pié

Mi ve fé promès ek la min ek sagès

Mi ve

Pa a pa

Mi ve

Min a min

Mi ve

Fas a fas

Mi ve

kout ke kout koi kil an kout

Mon dé pat a ter !

 

 

 

Un la pa moin lotèr

Un mythe

Un conte

Un légende

Un la pa moin lotèr

Un garçon babouk

Un homme coq

Un fanm en voie de famille

Un facteur de mafate

Un fille claire

Un papa vitrier.

 

Un mythe, un conte, un légende, un la pa moin lotèr

Un riz jaune

Un feuille vert

Un loto rouge

Un noir marron

Un Marley.

 

Un mythe, un conte, un légende, un la pa moin lotèr

Un zigider, un kalanoro, un lemurien, un vasymba.

 

Un zinzin, un grand chemin, un malice, un ti chemin, un mové lèr !

Un cour Patel, un feu, un ti hache, un paille canne, un gros bois, un totochement.

Un grand diable, un ti alber, un bel tèt, un sitarane, un sat noir, un croisé chemin.

Un droite, un gauche, un chargeur d’lo.

Un maire, un kanette, un marelle, un deux trois soleil.

Un cachette, un mi di pa ou, un parchemin, un bibik, un un euro.

Un jako, un zoizo, un rekin, un tang, un rat, un papang, un zanimo.

 

Un Croix, un Véli, un Dragon, un Servis, 

Un Allah, un Bouddha, un Shiva, un Pied d’bois.

 

Un zarlor, un zézèr, un casse larmoire, un ou la refait !

Un mouillage, un miaulage, un gommage, un bos.

Un mythe, un conte, un légende, un la pa moin lotèr...

 

 

 

J’aime

J’aime

te regarder aveuglément

t’écouter, là où  les autres se sont arrêtés de parler

t’em-brasser, t’embrasser

te déshabiller du lit au canapé 

te caresser entre le repos et le guerrier 

te hisser,  te  x et …

j’aime

entre la rivière et les galets, 

se chamailler

entre hier et aujourd’hui,

se séparer

entre aujourd’hui et demain,

entre tes mains, 

se consoler.

 

 

La morphologie du Nous

Le Nous est investi d’un désir profond d’appartenance.

Nous, c’est nous.

Et c’est seulement lorsqu’il devient Eux qu’il devient porteur d’instruments de médiation.

Son intentionnalité déléguée lui donne son efficacité comme relais matériel entre Eux.

Ce qui lui permet du coup de discriminer le Nous au sein des autres et c’est malheureusement Eux qui trinque.

Selon Eux la morphologie du Nous doit s’occuper uniquement des relations internes entre vous.

Il faut en somme qu’il soit traité comme un ensemble commun identique à une unité directe ou déléguée.

Considérer le Nous comme un ensemble unique ne suffit donc pas à le définir du fait que cette définition s’appliquerait du  coup à Eux.

Il est tentant d’affirmer qu’ils ont un rapport indirect entre Nous. 

Par exemple, et c’est là un exemple que nous avons l’habitude de prendre et pas Eux, un ensemble opérant une médiation  entre vous reste morphologiquement identique aux autres. Et c’est cette définition qui définit la morphologie du Nous.

Le seul moment où Eux et Nous se balancent sur la même longueur d’onde c’est en s’accordant à penser qu’il est plus  facile de dire Nou.

 

 

Sentié pêcher

In sentié pou in fonker

In sentié pou zot fonker

In sentié pou nout fonker

 

Construit la case pou bar la plage

Lés in passage in traversé

Hisse ton maison capaye l’horizon

Lés in canal in ti trajé

Mont la pier dans bord la mer

Lés in somin in ti sentié

 

Sentié pou nou passé

Fler koray ma ni looké

Sentié pou nou trassé

Bordaz la mer ma ni beigné

 

Permis construir, permis construir la pelle poclain

Bat caré, dan la clarté

Permis construir, permis construir "D’effroyables jardins"

Vavangué, dans la rosé

Permis construir, permis construir le mir berlin

Maloyé, dan mon sentié

 

Sentié pou nou passé

Ti lam la mer ma ni véyé

Sentié pou nou trassé

Désu grain sab ma ni révé

 

Kas mon tournan kout mon kozman

Dan in sentié na in léfé

Kas mon kozman kout mon tourman

Dans mon léfé na in tourné

Kas mon tourman kout mon Kout van

Dans mon tourné na fé brézé

 

Bagué ? Bagué ?

Bague pas sa in sentié…

In fonker pou in sentié

In fonker pou zot sentié

In fonker pou nout sentié

 

Sentié pêcher.

 

 

Moi et moi-même

« J’ai rêvé que je faisais une course-poursuite avec moi-même, je ne me souviens plus qui a gagné moi ou moi-même ». 

"Quelques signes du présent", Christian Jalma.

L’auteur parle t-il de moi ? Même si je ne le connais pas, il doit surement parler de moi ! Même problématique identitaire, deux personnes dans un même corps ! Deux personnes qui veulent s’exprimer en même temps. Pas l’un avant l’autre, ni l’un après l’autre, mais l’un en même temps que l’autre, avec chacun leur langage. Un bégayement résulte de ce disfonctionnement. Du coup, impossible de sortir la langue de la bouche ! Obligé de se rapprocher du for intérieur de Julien Blaine et de marmonner : La Langue n’a pas d’os.

Et si c’était le corps qui n’était pas assez souple pour réguler ce flux de personnes ? Pas assez de personnalité pour s’imposer. Se calquer sur un modèle, se calquer sur Le modèle. Se débattre et tirer à boulet rouge sur les canons de la beauté : Orlan, Rolan, Loran. Une œuvre dard.

Aujourd’hui encore, le modèle est millimètre..., codifié. La photo d’identité résulte de ce fonctionnement. Dans les nouveaux photomatons, il est écrit qu’on ne rigole plus avec ses photos d’identité(s). Une phrase lourde de sens. Nous devons rentrer dans le cadre, sinon pas de curriculum vitae, ni de passeport ou de carte d’identité. Pas le droit de voyager en souriant et les cheveux au vent.

Voyager puis s’arrêter, immigrer, puis se poser. Rencontrer la Reine Lili et la Rose du Bengale au milieu d’engagés. Le Lazaret restauré ouvre ces portes enclavées. Là, chinois, cafres, zarabe, zoreil, malbare, toutes couleurs entrent en quarantaine pour avoir le droit de fouler les vestiges de la Lémurie. Avoir le droit de… Entrer dans le cadre pour… Respecter le code de… Et réussir à garder son identité, sans construire une autre. S’en construire une autre ? Une problématique bipolaire de Moi et de Moi-Même.

Et si la réponse était ailleurs, ni dans le moi ni dans le moi-même ? Au fond, tout deux avaient pris l’habitude de vivre ensemble. La difficulté n’était donc pas de vivre ensemble mais de pouvoir s’exprimer ensemble. L’un en même temps que l’autre sans créer de disfonctionnement. Comme le son et l’image dans une timeline. Une fois exportés, ils forment un même médium séparé uniquement de temps en temps par un trait d’union : l’audio-visuel.

Le médium, Les médias s’estompent. Le cross média et transmedia se révèlent et redessinent du même élan les frontières de la spécification. On oublie le profil unique et on devient pluridisciplinaire. Le moi et le moi-même se « légitimisent ».

 

 

"Sur le pont du nord"

Su pon Vin Sanh navé un ti soiré

Su pon Vin Sanh navé un kabar-cité

Juliette y koz ek son momon pou béqué

Juliette y tarz son momon pou alé

Non non kafrine, a soir y sa pas maillé

Non non zenfan a soir y sa pas maillé

Dada y dsend ek son loto tuné

Dada y dsend ek son loto tuné

Kosa la sèr ou lé en malisé

Kosa la sèr ou lé en malisé

La vieille veu pas a soir mi sa va crazé

La vieille veu pas a soir mi sa va crazé

Trape ton jupe blanche ek ton ti haut do fé

Trape ton jupe blanche ek ton ti haut do fé

Dan son séga Juliette la bien pilé

Dan son séga Juliette la bien crazé

Dan maloya le pon la fou dan’ fond

Dan maloya le pon la fou dan’ fond

A la bezman kan ou lé mal fondé

A la bezman kan ou lé mal fondé

 

 

L’ailleurs

C’est un polaroïd

C’est un verre qui se remplit

C’est un contre jour

C’est le croisement d’un train

C’est avant je t’aime

C’est une barquette de mangue avec piment sous blister

C’est un ballot de letchis

C’est un croquembouche

C’est l’œil du cyclone

C’est un nouveau né

C’est la dentelle du timbre oblitéré

C’est toi